
Le choix de votre cirque à La Réunion ne doit pas se baser sur les photos, mais sur un arbitrage pragmatique entre l’effort d’accès, la logistique et le niveau de confort que vous recherchez.
- Salazie : L’accès le plus simple, mais une météo souvent humide et fraîche qui impose d’être bien équipé. Idéal pour une immersion facile dans un paysage luxuriant.
- Cilaos : Un ensoleillement généreux, mais une route d’accès qui est une épreuve en soi et un point de départ pour des randonnées très exigeantes.
- Mafate : L’expérience d’isolement ultime, qui impose une préparation logistique sans faille (réservations, argent liquide, autonomie).
Recommandation : Évaluez honnêtement votre tolérance à l’effort « réunionnais » (chaleur, humidité, dénivelé brutal) et votre besoin de confort avant de vous décider. Le « meilleur » cirque est celui qui correspond à vos contraintes.
Le doigt posé sur la carte de La Réunion, la question est inévitable pour tout randonneur préparant son séjour : Salazie, Cilaos, ou Mafate ? Les guides touristiques vous brosseront un portrait séduisant. On vous dira que Salazie est le jardin verdoyant et luxuriant, célèbre pour ses cascades vertigineuses. Cilaos, lui, serait le berceau ensoleillé du vin et des thermes, point de départ de l’ascension du Piton des Neiges. Mafate, enfin, serait le sanctuaire sauvage et inaccessible, le paradis des randonneurs en quête d’absolu.
Mais cette vision de carte postale, bien que juste, omet l’essentiel pour le voyageur qui, comme vous, n’a peut-être le temps que pour une seule de ces merveilles. En tant qu’accompagnateur en montagne sur l’île, je peux vous l’affirmer : le bon choix ne dépend pas de la beauté des paysages – ils sont tous spectaculaires – mais de la logistique invisible et de votre seuil de confort personnel. Choisir son cirque, c’est avant tout choisir une expérience, avec ses avantages et ses contraintes bien réelles sur le terrain.
Ce guide est donc conçu pour vous aider à faire cet arbitrage pragmatique. Nous n’allons pas simplement lister les points d’intérêt, mais répondre aux questions concrètes que vous vous posez, celles qui détermineront la réussite de votre aventure. L’objectif est de vous donner les clés pour une lecture de terrain éclairée, afin que vous choisissiez non pas le cirque le plus « beau », mais celui qui est fait pour vous.
Pour vous guider dans cette décision, nous aborderons les points cruciaux qui font toute la différence une fois sur place. Des défis logistiques aux réalités climatiques, chaque section est pensée pour vous armer des bonnes informations et faire de votre randonnée un souvenir inoubliable.
Sommaire : Comparatif pratique des cirques de La Réunion pour les randonneurs
- Comment négocier la route aux 400 virages sans rendre les passagers malades ?
- 4×4 ou à pied : quelle est la seule vraie porte d’entrée pour Mafate ?
- Voile de la Mariée : à quelle heure s’y rendre pour éviter le contre-jour ?
- Pourquoi fait-il 10 degrés de moins à Hell-Bourg qu’à Saint-Denis le soir ?
- L’erreur de croire qu’il y a des distributeurs de billets partout dans les cirques
- Comment organiser votre ravitaillement pour 3 jours dans un ilet sans épicerie ?
- Dortoir ou chambre double : à quel confort s’attendre dans les gîtes de montagne ?
- Comment évaluer la difficulté « Réunion » par rapport aux sentiers des Alpes ?
Comment négocier la route aux 400 virages sans rendre les passagers malades ?
La route vers Cilaos, la RN5, est bien plus qu’un simple trajet : c’est le premier test de votre expédition. Surnommée « la route aux 400 virages », elle serpente sur 35 kilomètres et constitue un filtre naturel. Si vous ou vos passagers êtes sensibles au mal des transports, cette route peut transformer le début de votre aventure en épreuve. La prudence est de mise, car le danger est réel, surtout pour les usagers non avertis. Le risque est bien présent, sachant qu’au niveau national, les virages sont le théâtre de 40% des chutes mortelles, hors agglomération, ce qui souligne l’importance d’une conduite adaptée sur ce type d’itinéraire.
Contrairement à l’accès beaucoup plus direct de Salazie, rejoindre Cilaos demande du temps, de la concentration et une bonne gestion de la mécanique. Mon conseil de terrain est de ne pas sous-estimer cet accès. Il conditionne non seulement votre état de fraîcheur à l’arrivée, mais aussi votre planning. Pour une approche sereine, quelques règles de bon sens s’imposent.
Voici quelques conseils pratiques, issus de l’expérience des guides locaux, pour aborder cette route mythique :
- Klaxonnez systématiquement avant de vous engager dans les tunnels étroits (Peter Both, Gueule Rouge, Pavillon) et dans les virages sans aucune visibilité. C’est une coutume locale vitale.
- Privilégiez un départ avant 8h du matin pour éviter le trafic dense des bus touristiques et des camions de livraison qui peuvent rendre les croisements très délicats.
- Utilisez le frein moteur en descente. Solliciter constamment les freins entraîne une surchauffe et une perte d’efficacité dangereuse.
- Prévoyez une pause de 15 minutes au belvédère de la Roche Merveilleuse. Cela permet de s’acclimater à l’altitude et d’offrir un répit bienvenu au conducteur et aux passagers.
- Avant de partir, ayez le réflexe de vérifier l’état de la route en temps réel auprès de la Direction de l’Exploitation et de l’Entretien des Routes, car des fermetures pour travaux ou après des éboulis sont fréquentes.
En somme, choisir Cilaos, c’est accepter que le voyage pour y arriver fait partie intégrante de l’aventure. Si vous cherchez la simplicité d’accès, Salazie sera une option bien plus reposante.
4×4 ou à pied : quelle est la seule vraie porte d’entrée pour Mafate ?
Mafate est unique : aucun axe routier ne pénètre ce cirque, ce qui en fait un sanctuaire préservé. La « vraie » porte d’entrée est donc toujours vos pieds. La question est plutôt : où commence la marche et comment optimiser l’accès ? Contrairement à une idée reçue, l’isolement de Mafate ne signifie pas qu’il est réservé à une élite de trekkeurs. Chaque année, plus de 50 000 voyageurs par an empruntent ses sentiers, preuve que des accès de difficultés variées existent.
Le choix de votre point de départ est stratégique et doit être fait en fonction de votre niveau, du temps dont vous disposez et de l’îlet que vous visez. L’erreur classique est de choisir un sentier au-dessus de ses capacités, transformant le rêve en calvaire. L’accès par le Maïdo, par exemple, offre une vue spectaculaire mais impose une descente très longue et cassante pour les genoux, peu recommandée pour un randonneur occasionnel. À l’inverse, l’accès par le Col des Bœufs depuis Salazie est le plus « roulant » et le plus populaire pour une première incursion.
Pour vous aider à y voir plus clair, voici une comparaison des principaux points d’accès à Mafate, un arbitrage essentiel pour planifier votre randonnée.
| Accès | Durée | Difficulté | Particularité |
|---|---|---|---|
| Col des Bœufs (Salazie) | 2h30 | Modérée | La plus ‘roulante’ et populaire |
| Le Maïdo | 3h30 | Difficile | Vue panoramique mais descente exigeante pour les genoux |
| Sentier du Bloc (Cilaos) | 3h | Sportive | Le plus direct vers Marla |
| 4×4 + marche (Rivière des Galets) | 2h économisées | Facile | Dépose à Deux-Bras, évite 2h de marche monotone |
| Hélicoptère | 15 min | Aucune | Option logistique pour familles ou transfert bagages |
L’option 4×4 dans la Rivière des Galets est un excellent compromis : elle n’enlève rien à l’aventure mais vous épargne une longue marche fastidieuse sur des galets. C’est souvent le choix le plus judicieux pour une première approche en famille ou si vous êtes juste en temps.
Voile de la Mariée : à quelle heure s’y rendre pour éviter le contre-jour ?
La cascade du Voile de la Mariée est l’emblème de Salazie. Mais pour en capturer toute la magie, surtout en photo, le timing est absolument crucial. Y aller au mauvais moment, c’est risquer de se retrouver face à un contre-jour décevant ou une cascade perdue dans les nuages. La géographie du cirque impose ses règles : le soleil se lève à l’Est, derrière les remparts, et la cascade, elle, est orientée vers l’Ouest. C’est cette configuration qui dicte le moment idéal pour votre visite.
Pour obtenir cette lumière dorée qui caresse l’eau et révèle la finesse de ses multiples filets, il faut viser le créneau entre 9h et 11h du matin. À ce moment, le soleil est assez haut pour passer par-dessus les crêtes et illuminer la cascade de face. L’après-midi est à proscrire pour deux raisons : le soleil passera derrière la cascade, créant un contre-jour difficile à gérer, et surtout, les nuages commencent à s’accrocher aux sommets dès la fin de matinée, enveloppant souvent le paysage dans une brume épaisse.

Cette règle du « matin » est valable pour la plupart des points de vue dans les cirques. Pour optimiser votre visite et ne pas être déçu, une bonne planification est essentielle. Voici quelques points à garder en tête :
- Visez le créneau 9h-11h : Le soleil à l’Est illumine parfaitement la cascade qui est orientée Ouest. C’est le moment idéal pour les photographes.
- Évitez l’après-midi : Les cirques se couvrent « par le haut » en fin de matinée. Les nuages descendent des remparts et peuvent masquer la vue très rapidement.
- Plan B pour les photographes : Si vous manquez le créneau du matin, un point de vue depuis le village de Salazie en fin de journée peut offrir une lumière intéressante sur le cirque lui-même.
- Saison des pluies (été austral) : Une visite matinale après une nuit pluvieuse garantit un débit maximal et un spectacle encore plus impressionnant.
- Consultez les webcams météo locales (sur les sites des offices de tourisme) avant de partir pour anticiper la couverture nuageuse.
Cette stratégie du timing illustre parfaitement l’expérience Salazie : une beauté accessible, mais soumise aux caprices d’une météo humide et changeante. Il faut être matinal et flexible.
Pourquoi fait-il 10 degrés de moins à Hell-Bourg qu’à Saint-Denis le soir ?
C’est une surprise classique pour le voyageur non averti : après avoir transpiré sur le littoral à Saint-Denis, on arrive à Hell-Bourg, dans le cirque de Salazie, et la température chute brutalement à la tombée de la nuit. Cet écart de 10°C, voire plus, n’est pas qu’une impression. Il s’explique par la combinaison de deux facteurs physiques clés : l’altitude et l’humidité. Salazie est l’un des endroits les plus pluvieux au monde, un fait confirmé par des relevés de précipitations annuelles record, ce qui accentue considérablement la sensation de froid.
Premièrement, l’altitude. Hell-Bourg se situe à environ 930 mètres. En montagne, on perd en moyenne 0,65°C tous les 100 mètres. Un calcul simple montre déjà un écart théorique de 6°C avec le littoral. Mais ce n’est pas tout. Le second phénomène, plus subtil, est celui de l’inversion thermique. Le village est niché dans une cuvette naturelle, dominée par les remparts du Gros Morne et du Piton des Neiges. La nuit, l’air froid, plus dense, « dégringole » des pentes et vient stagner au fond de cette cuvette, tandis que l’air plus chaud reste en altitude. Vous vous retrouvez littéralement à baigner dans une poche d’air froid.
Cette particularité climatique, bien documentée par les guides comme le Routard, a des conséquences très pratiques pour le randonneur. Alors qu’à Cilaos, plus sec et mieux ventilé, les soirées peuvent rester douces, à Salazie, une petite polaire et un pantalon long sont indispensables dès que le soleil disparaît, même en plein été austral. C’est un élément crucial de votre seuil de confort. Si vous craignez le froid et l’humidité, vous serez peut-être plus à l’aise dans l’atmosphère plus sèche de Cilaos.
Ne sous-estimez jamais le froid dans les « Hauts » de La Réunion. Le contraste avec la chaleur du littoral peut être saisissant et avoir un impact sur votre récupération après une journée de marche.
L’erreur de croire qu’il y a des distributeurs de billets partout dans les cirques
C’est l’une des erreurs les plus communes et les plus pénalisantes : partir dans les cirques, et surtout à Mafate, en pensant pouvoir retirer de l’argent sur place. La réalité est tout autre. La logistique invisible de l’argent liquide est un pilier de la réussite de votre séjour. Dans la plupart des gîtes, des « ti-boutiks » (petites épiceries) et pour payer les services d’un guide ou d’un taxi 4×4, la carte bancaire est tout simplement inutile. Le cash est roi.
Les seuls distributeurs automatiques de billets (DAB) dans les cirques se trouvent dans les « capitales » : Cilaos-ville et Hell-Bourg (Salazie). Une fois que vous quittez ces bourgs pour vous enfoncer dans les îlets, et particulièrement à Mafate où il n’y en a AUCUN, vous êtes en autonomie financière totale. L’anticipation est donc non-négociable. Le retrait doit se faire impérativement sur la côte, à Saint-Louis avant de monter à Cilaos, ou à Saint-André avant de prendre la direction de Salazie.

Mais combien prévoir ? L’évaluation de votre budget est une étape clé de votre préparation. Pour un trek de plusieurs jours à Mafate, voici une base de calcul issue des retours des gérants de gîtes :
- Budget minimum : Comptez entre 60 et 70€ par jour et par personne en espèces.
- Détail du budget : Ce montant couvre la nuit en gîte (environ 20-30€ en dortoir), le repas du soir (environ 25€), le petit-déjeuner (environ 8€) et le pique-nique pour le lendemain (10-15€).
- Retrait anticipé : Retirez impérativement sur la côte (Saint-Louis pour Cilaos, Saint-André pour Salazie) avant de commencer l’ascension.
- Prévoir un surplus : Ajoutez une marge de 20% pour les extras. Une bière Dodo fraîche après 6h de marche, un sachet de samoussas dans une ti-boutik ou un petit souvenir artisanal sont des plaisirs qui se paient en espèces.
Se retrouver à court d’argent à Mafate peut gâcher votre expérience. C’est un point de préparation aussi important que le choix de vos chaussures de randonnée.
Comment organiser votre ravitaillement pour 3 jours dans un ilet sans épicerie ?
Partir pour un trek de plusieurs jours à Mafate, c’est accepter une déconnexion quasi-totale. Cela signifie qu’il n’y a pas de supermarché au coin de la rue. Votre survie et votre confort dépendent de deux choses : ce que vous emportez et ce que vous avez réservé. L’autonomie alimentaire est un mythe pour le randonneur occasionnel ; on ne porte pas 3 jours de nourriture. La clé est une semi-autonomie intelligente, basée sur la réservation dans les gîtes.
Le système est bien rodé mais impose une discipline de fer : les repas se réservent. Comme le précisent la plupart des gîtes, il est impératif de réserver au moins 48h avant en appelant directement le gérant. Le dîner, souvent un délicieux carry cuit au feu de bois, coûte environ 25€, et le petit-déjeuner 8€. Penser arriver à l’improviste et trouver à manger est une grave erreur. Les gérants s’approvisionnent par hélicoptère et ne peuvent gérer les imprévus.
Au-delà des repas principaux, votre sac à dos doit contenir le nécessaire pour tenir entre les étapes. Votre stratégie de ravitaillement doit être légère mais efficace. Pour vous y aider, voici un plan d’action concret pour préparer votre sac.
Plan d’action : Votre autonomie pour 3 jours à Mafate
- Points de contact : Avant de partir, listez les numéros de téléphone de tous les gîtes de vos étapes et appelez-les pour confirmer vos réservations de nuitées et de repas (dîners, petits-déjeuners, pique-niques).
- Collecte des essentiels : Dans votre sac, prévoyez des en-cas énergétiques locaux (pâtes de fruits goyavier, barres « Tien-bo »), des sachets de sel/sucre pour réhydrater votre eau, et surtout, des pastilles purifiantes (type Micropur). Boire l’eau des rivières sans la traiter expose à un risque de leptospirose.
- Cohérence Poids/Effort : Confrontez le poids de votre ravitaillement à l’effort prévu. Chaque gramme compte. Ne prenez que le strict nécessaire pour les journées, en sachant que les repas du soir et du matin sont assurés par les gîtes.
- Mémorabilité et plaisir : Repérez sur la carte les « ti-boutiks » (à La Nouvelle, Marla, Aurère). Elles sont des oasis où vous pourrez acheter (en liquide) une boisson fraîche ou une conserve. C’est un poids en moins dans le sac et un grand réconfort.
- Plan d’intégration : Commandez systématiquement votre pique-nique du lendemain la veille au soir dans votre gîte. C’est la solution la plus simple pour le déjeuner (souvent un sandwich pain-bouchon ou un carry froid).
En résumé, l’autonomie à Mafate ne consiste pas à tout porter, mais à tout prévoir. C’est un exercice de coordination et d’anticipation qui fait partie intégrante de l’aventure.
Dortoir ou chambre double : à quel confort s’attendre dans les gîtes de montagne ?
Le choix de l’hébergement dans les cirques, et particulièrement à Mafate, est un facteur déterminant de votre expérience. Il faut abandonner toute attente de confort hôtelier. Ici, le luxe, c’est un lit au sec, un repas chaud et une douche (parfois froide). Comprendre le niveau de confort proposé est essentiel pour ajuster votre seuil de tolérance et éviter les mauvaises surprises. L’offre va du dortoir rustique au bungalow plus intime, mais l’esprit reste le même : la simplicité et la convivialité.
Le cœur de l’expérience du gîte de montagne est la table d’hôte. Le repas du soir est servi à heure fixe, généralement 19h, sur de grandes tablées communes. C’est un moment de partage incontournable où les randonneurs de tous horizons échangent leurs récits de la journée autour d’un carry créole. C’est cette convivialité qui fait le charme des nuits en cirque. Si vous cherchez l’intimité d’un restaurant, vous ne la trouverez pas ici.
Pour vous aider à choisir ce qui vous convient le mieux, voici un aperçu des options d’hébergement que vous trouverez le plus souvent.
| Type | Capacité | Équipements | Prix moyen/nuit |
|---|---|---|---|
| Dortoir standard | 4-8 lits | Sanitaires communs, draps fournis | 20-30€ |
| Chambre double | 2 personnes | Parfois sanitaires privés | 35-40€/personne |
| Bungalow familial | 4-5 personnes | Salle de bain privative | 75€/personne |
| Tipis équipés | 2 personnes | Option originale, sanitaires communs | 30€/personne |
Quel que soit votre choix, n’oubliez pas d’emporter des boules Quies pour les nuits en dortoir et une lampe frontale, car l’électricité est souvent coupée la nuit et il n’y a pas de prises dans les dortoirs.
L’essentiel à retenir
- La difficulté « Réunion » est un mélange unique d’effort physique (dénivelé), de conditions climatiques (chaleur, humidité) et de nature du terrain (volcanique, glissant).
- La logistique (route d’accès, gestion de l’argent liquide, réservation des gîtes) est un facteur de succès aussi important que votre préparation physique.
- Le « meilleur » cirque n’existe pas. Le bon choix est un arbitrage personnel entre la facilité d’accès, le niveau d’autonomie requis et votre seuil de confort.
Comment évaluer la difficulté « Réunion » par rapport aux sentiers des Alpes ?
C’est la question que se posent de nombreux randonneurs habitués aux sentiers métropolitains : un dénivelé de 1000 mètres à La Réunion est-il comparable à 1000 mètres dans les Alpes ? La réponse est un non catégorique. L’erreur serait de transposer directement votre expérience. Ici, la notion d’effort ressenti prend tout son sens et plusieurs facteurs viennent radicalement changer la donne.
Le premier facteur est le couple chaleur et humidité. L’effort sous un climat tropical est beaucoup plus éprouvant. La transpiration est intense, le risque de déshydratation est élevé, et la sensation de fatigue arrive bien plus vite. Le deuxième facteur est la nature du terrain. Les sentiers réunionnais sont souvent des successions de « marches » volcaniques inégales, de racines et de passages boueux et glissants après la pluie. Cela demande une concentration permanente et sollicite les articulations différemment d’un sentier alpin régulier.
Pour vous adapter à ces spécificités, votre équipement et votre approche doivent être différents. Oubliez les grosses chaussures de montagne rigides et privilégiez la légèreté et l’accroche. Voici une liste de points clés pour ajuster votre pratique :
- Règle empirique : Considérez que 1000m de dénivelé à La Réunion équivalent à environ 1500m dans les Alpes en termes d’effort ressenti. Adaptez la longueur de vos étapes en conséquence.
- Chaussures : Privilégiez des chaussures de trail ou de randonnée légères avec une excellente accroche (semelle type Vibram Megagrip). Elles sont plus adaptées au terrain humide et technique.
- Bâtons de randonnée : Ils sont indispensables, non pas pour la montée, mais surtout pour la descente, afin de sécuriser vos appuis et de soulager vos genoux sur les marches.
- L’impact de la pluie : Un sentier classé « facile » sur le papier peut devenir très difficile et glissant après une averse, ce qui est fréquent. La prudence est de mise.
- Hydratation : Prévoyez au minimum 2 litres d’eau par personne pour une demi-journée de marche. La chaleur et l’humidité accélèrent la perte en eau.
Maintenant que vous avez toutes les cartes en main, l’étape suivante consiste à évaluer honnêtement votre profil de randonneur et votre groupe pour choisir l’expérience qui vous laissera le meilleur souvenir, en toute sécurité.